Pour parler de cette série, il faut d’abord revenir sur Ayakashi : Japanese Classic Horror, sorti en 2006. Cette anthologie, en trois arcs indépendants (et réalisateurs différents), nous racontait des histoires issues du folklore japonais. Le succès du dernier arc "Bakeneko" lui a valu la production d’un spin-off, qui sera donc : Mononoke.
dimanche 24 décembre 2023
Cauchemars, oh ! En couleurs - Mononoke (2007)
dimanche 27 août 2023
Charlie's Dream - L'Impasse (1993)
This is the End
Est-ce que ça commence vraiment comme ça? C'est sûrement le cas, on sait tous qu'on va mourir. Certains plus tôt que d'autres. J'y allais tout droit dans ses bras, à cette faucheuse. J'ai pourtant essayé d'esquiver, de me faire oublier. Je mets un masque pour l'abuser, ou peut-être bien que je l'enlève, ce masque. Nouvelle vie, nouvelle chance. Qu'est-ce qui a pu changer?
Sous le dôme épais ou le blanc jasmin
Je me voyais déjà
Le quattro stagioni: L'estate - Call Me by Your Name (2018)
Une Histoire d'A. - Varsovie / L’Alhambra / Paris (Saez - 2008)
Saez et moi, c’est une histoire d’amour tout à fait improbable. Une de celles où l'on n’aime pas complètement l’autre, sans pour autant pouvoir vivre totalement en son absence. Il faut dire que Damien et moi nous sommes rencontrés il y’a bien longtemps, sous des cieux différents. Ce n’est peut-être là que de la nostalgie mal placée, jeune et con comme on dit. Je ne peux cependant pas nier qu’une corde sensible vibre au son de certains de ses mots. Il y’a des chansons auxquelles je reste indifférente alors que d’autres me bouleversent sans autre raison qu’un cœur qui bat. Je pense m'être à peu près détachée à partir des albums post-2010, mais dès que retentit le souffle de Jours étranges, je replonge dans les fumées de mon passé. Dans le bleu de l'absinthe, je noie mes souvenirs et j’veux qu’on baise sur ma tombe dans un future lointain.
C’est surtout dans les rues de Varsovie, l’Alhambra, Paris que j’aime flâner de temps en temps. Je sors du train à Varsovie au matin, il fait gris et froid, et je pense à ceux qui sont en laisse. Comment te dire que tout est noir dans un poème tremblant. J’écoute une chanson pour mon enterrement à l’Alhambra, et je cherche encore au-delà du brouillard. Il est vrai qu’on s’endort sur des braises quand on perd son amour, la nuit pour toujours. Et Paris enfin, jeunesse lève toi ! J’ai beau me dire Putain vous m’aurez plus, je me retrouve tout de même prisonnière de ces marées d’écume. Toi tu dis que t’es bien sans moi, alors je pars... Et c'est pourtant toi qui reviens peu après pour rendre hommage à deux tours en ne parlant que de toi, comme toujours. Moi je dis fuis, toi tu me suis, aux encres des amours me raccroche aux bords de Messina.
Saez et moi, c’est une histoire qui a une fin mais une aventure continue, bâtie sur des souvenirs mémorables. On n’aurait pas dû se croiser pourtant on s’est aimés. C’est peut-être là un petit miracle de la musique, une rencontre, une voix qui brise nos murs intérieurs, un texte qui fait jaillir un flot d’émotions. Damien et moi resterons dans nos cœurs respectifs, comme de vieux amants qui gardent le parfum chaleureux de l’autre au creux de leur chair. Comme une ombre à chacun de nos pas.
Miroir d’Outre-Tombe - L'Enfant Miroir (1990)
La mort de l’enfance est un sujet bien connu du cinéma, et de l’art en général. Elle se fait très souvent dans la douleur, écrasée par la réalité du monde adulte. L’Enfant Miroir (The Reflecting Skin) nous raconte une de ces morts, celle d’un enfant de 8 ans, Seth, dans les Grandes Pleine américaines des années 50. Le monde de Seth est surréaliste et son imaginaire est très gothique. Ce qu’il ne comprend pas, il l’invente et ses convictions enfantines deviennent ses vérités (la voisine vampirique qui absorbe la jeunesse de ses victimes, l'ange réincarné,...). Il faut avouer que le monde qui l’entoure est bien laid et ce qui reste d’innocence devient morbide. Le film aborde des sujets divers qui tracent un portrait grossier des malheurs de ces prairies isolées et leurs sombres secrets : deuil, homosexualité, suicide, meurtre d’enfants, traumas de guerre,... Tout se passe dans la lumière du jour, ce qui fait rayonner encore plus la noirceur de l’être humain. L’enfance périt au soleil couchant et le film s’achève sur une séquence sublime, un cri bouleversant, qui nous laisse le cœur serré et les yeux éblouis.
Film étonnant et captivant de bout en bout, The Reflecting Skin est une belle représentation de l'american gothic dans le contraste des champs baignés de soleil doré, genre de Malick qui rencontre Lynch dans les yeux d'un enfant, tout cela dans la dépression la plus totale. Un onirisme glauque qui reflète une certaine réalité déformée par le prisme de l'innocence. Une succession de tableaux superbes qui flirtent avec l’horreur et le fantastique sans en être vraiment. On y retrouve ainsi des séquences marquantes qui resteront gravées dans nos rétines hyperpolarisées. Ce n’est d’ailleurs pas une surprise d’apprendre le polymorphisme artistique du cinéaste britannique Philip Ridley : peintre, auteur, poète, musicien, photographe… qui a écrit et dirigé le film avec talent. Ses inspirations visuelles de la peinture américaine d’Andrew Wyeth et de Edward Hopper sont subjuguantes.
L’Enfant Miroir est un conte étrange et un film sensitif enveloppé dans une atmosphère mystérieuse et recouvert d’un voile surréaliste qui restera dans les mémoires. Il trouve d’ailleurs une belle place dans la riche collection du très intéressant documentaire Woodlands Dark and Days Bewitched: A History of Folk Horror que je recommande chaleureusement. The Reflecting Skin mérite clairement son statut de film culte malgré sa forte méconnaissance et il serait bien dommage de ne pas le découvrir.
"It's all so horrible, isn't it? The nightmare of childhood. And it only gets worse…"
dimanche 5 février 2023
Sombres Histoires Humaines - Aoi Bungaku Series (2009)
J’ai échoué en tant qu’humain...
Certains diront que c’est ce qui est connu comme la "solitude".
Cette année l’hiver fut doux.
Est-ce douloureux d’être la personne qui attend ? Ou est-il plus douloureux d’être la personne attendue ? Peu importe, il n’y a plus besoin d’attendre. C’est ce qui est le plus douloureux.
C’est le vrai visage de ce monde.
mardi 22 février 2022
l'insoutenable insuffisance de l'être - Oslo, 31 août (2011)
Oslo, je me souviens. Ses rues, ses gens, ses bâtisses, ses nuits, ses aubes, ses ritournelles… D’un pas décidé, je fuis. Je me noie, je coule, j’oublie. Même ces eaux froides ne veulent pas de moi. Je retourne alors vers un passé qui ne m’appartient plus, dans un présent qui n’est plus mien. Pèlerinage sur les vestiges d’une vie mouvementée par des soirées intoxiquées. J’erre encore, je regarde les gens dans ce décor urbain et rien ne m’identifie à eux. Leur bonheur n’est pas le mien. Le bonheur n’existe de toute façon que pour les cons. Je préfère encore m’embrouiller les neurones dans des vapeurs alcaloïdes. C’est peut-être là ce que je suis. La nuit m’ouvre ses bras, je me sens presque revivre dans les fumées nocturnes, au cours d’une virée éphémère, pour un temps seulement. Là aussi, j’ai perdu ma place. Le jour se lève et je m'en vais. Les notes de ma partition ne sont plus en harmonie. Je ne suis plus, je veux juste en finir. Rejoindre un monde que je connais et laisser derrière moi celui de la chaire. Oslo, je me souviens. Son vide, sa noirceur, son silence… Anders, 31 Août.
Oslo, 31 Août nous entraîne dans une virée magnifique en compagnie du mal-être de son personnage Anders, parfaitement incarné par le magnétique Anders Danielsen Lie. À travers les bribes d'un passé perdu et d'un présent étranger, Anders essaye de retrouver une place dans son monde. Une journée et une nuit dans la vie d'un homme tourmenté, avec des personnes qu’il a connues ou au milieu d’anonymes. Être sensible et en marge que rien ne semble finalement sauver. Le film est bourré de moments de toute beauté baignés dans un romantisme brumeux. L’inéluctabilité de la fin nous laisse apprécier la beauté fugace du voyage.
Cette adaptation par Joachim Trier du Feu Follet, de Pierre Drieu la Rochelle, après celle de Louis Malle en 1963, révèle un mal-être intemporel. La solitude des âmes, l’isolement et l’égarement des êtres fragiles. Le cinéaste norvégien réussit à nous faire vivre ce pur moment avec son personnage, à travers lui, dans Anders. Je me sens d’ailleurs plus proche d’Anders que d’Alain, et c’est sûrement ce qui me fait préférer cette adaptation à la première. Anders tente de trouver une échappatoire à sa condition, mais au final n’y arrive pas car il n’a rien à quoi se raccrocher, alors qu’Alain ne fait que dire au revoir à son passé. C’est en tout cas là mon ressenti. Le constat est pourtant le même, l’Homme est seul face à ses démons. La mélancolie qui se dégage des deux films est aussi la même. Une mélancolie universelle et éternelle.
"Je n'ai pas des angoisses, je suis dans une angoisse perpétuelle."















